Autoportrait de Marceau Vauquelin

Présentation du projet

Au delà du Miroir est une résidence d’expérimentation photographique basé sur la pluralité des personnalités. Son objectif, est de permettre aux personnes, de se ré-approprier leur image de soi, autours d’une discussion libre et de la réalisation d’un portrait unique qui sera le vôtre

Le projet s’adresse essentiellement aux personnes en questionnement identitaire mais, reste accessible à tous. Les rendez-vous “prise de vue” auront lieu du 25 au 31 Août 2024 à l’Espace Akashik à Montpellier. Pour prendre rendez-vous, il vous suffit de descendre en bas de la page et choisir votre créneau sur l’agenda calendy. 

Espace Akashik X Marceau Vauquelin

Lors de ma rencontre avec Marceau, j’ai été particulièrement touchée par son approche de la photographie, sa sensibilité, sa créativité, son intérêt pour l’Autre et le regard qu’il porte sur l’Humain. Déjà si jeune, sa maturité montre un réel dévouement pour un monde meilleur. Son approche vivante et organique de la photographie m’a reliée à la pratique de la photothérapie.

Étant profondément ancrée dans le monde artistique et culturel, j’ai ressenti une puissante envie de relier ces mondes en proposant à Marceau une résidence d’expérimentation. Cette opportunité lui permettra d’aiguiser son regard et son approche tout en créant un pont avec le monde de l’accompagnement.

En tant que Présidente de l’Espace Akashik, mon objectif est de développer en permanence des projets innovants alliant notamment arts et thérapie,  dans un souci d’inclusivité, de coopération et d’expérimentation. Pousser et accompagner les jeunes talents, ouvrir des espaces d’expérimentation et d’expression a toujours été au centre de mes préoccupations. “C’est en cherchant, en questionnant le monde que l’on se trouve”.

La question de l’estime de soi et de l’image de soi est au cœur de mes accompagnements. Avec ce projet, je souhaite permettre de créer un espace de rencontre entre le photographe, l’image de soi et son espace intérieur pour toute personne en quête d’identité, en questionnement ou simplement curieuse.

Imaginez-vous explorer votre moi intérieur à travers l’objectif d’un photographe passionné, guidé par une approche sensible et profondément humaine. Cette résidence d’expérimentation avec Marceau est une invitation à découvrir, à vous redécouvrir et à voir le monde et vous-même sous un nouvel angle. Rejoignez-nous dans cette aventure passionnante pour ouvrir de nouvelles perspectives et nourrir votre âme.

Armelle Béraudy (Fondatrice de l’espace Akashik)

Couverture du livre Au delà du Miroir, 2024 

Présentation du Livre

À l’issue de cette semaine de résidence artistique à l’espace Akashik, nous aurons le plaisir de présenter un ouvrage photographique exceptionnel. Ce livre rassemblera non seulement l’ensemble des portraits réalisés au cours de cette résidence, mais aussi des témoignages et des propos recueillis auprès des participants. Ces éléments se combineront pour former un ouvrage documentaire riche et profond sur le thème de l’image et de l’estime de soi.

Le livre ne se contentera pas de montrer des photographies et de relater des expériences personnelles. En effet, il sera également enrichi de divers articles rédigés par des experts et des professionnels reconnus dans le domaine de l’image de soi. Ces articles offriront des perspectives variées et des analyses approfondies, abordant des sujets tels que la perception de soi à travers la photographie, l’impact des médias sur l’estime de soi, et les méthodes pour développer une image de soi positive et authentique.

L’objectif principal de cet ouvrage éditorial est de mettre en lumière la diversité des personnalités et des expériences humaines à travers l’art de la photographie. Chaque portrait sera accompagné d’une histoire unique, d’un parcours personnel, et d’une réflexion sur la manière dont chacun se perçoit et se présente au monde. Ce projet vise à encourager une compréhension plus nuancée et plus empathique de l’estime de soi, en montrant comment l’image peut être un outil puissant de communication et de révélation de soi.

En outre, le livre contiendra des sections dédiées à des ateliers et des discussions qui ont eu lieu pendant la résidence. Ces sections offriront des aperçus des processus créatifs et des dynamiques de groupe, illustrant comment les participants ont exploré et redéfini leur image de soi à travers l’interaction avec les autres et avec les photographes.

Ainsi, ce livre photographique se veut être une véritable célébration de la diversité humaine et de la richesse des expériences individuelles. Il invitera les lecteurs à réfléchir sur leur propre image et à apprécier la beauté unique de chaque personne photographiée. En définitive, cet ouvrage sera bien plus qu’un simple recueil de photographies ; il sera un voyage introspectif et une exploration collective de ce que signifie véritablement l’estime de soi dans le monde contemporain

Interview de Marceau Vauquelin par @lylycocoland:

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration sont assez contrastées parce qu’en fonction de l’appareil que je vais utiliser, je vais vouloir shooter une pellicule spécifique, traitée avec une manière bien particulière. Pour mes séries de photos avec le combo flash-fisheye-N&B, j’ai pas mal été inspiré par les photos de natas3000 pour la composition et le cadre, et pour le rendu de la pellicule, je dirais que c’est pas mal influencé par un photographe qui s’appelle Rafael Gonzalez. Il travaille les trois quarts du temps en noir et blanc, et il arrive à le contraster et surtout à augmenter la netteté et la texture. Du coup, je trouvais ça super intéressant d’utiliser ce procédé avec un fisheye pour faire du portrait, car les deux permettent de montrer une personne sous un autre jour. On les voit avec le fisheye sous un angle différent de d’habitude. Alors, au premier regard, ça attire et, en fait, quand on regarde mes photos avec attention, on voit tous les petits défauts qu’il peut y avoir sur un visage. Alors, des fois, ça donne du charme et d’autres fois, ça repousse. Le but, c’est un peu de combattre l’esthétique merdique créée avec les magazines de mode mainstream et même Instagram qui cherchent toujours à magnifier la réalité. Mon but, ce n’est pas d’être un porte-drapeau des luttes contre les critères de beauté, c’est seulement que je trouve ça plus intéressant et plus riche esthétiquement parlant de montrer la réalité telle qu’elle est réellement, que cela soit sous son plus beau mais aussi sous son plus mauvais jour, un peu à la manière de Bruce Gilden.

Comment les expériences de votre vie quotidienne influent-elles sur votre créativité ?

Les trois quarts du temps, ma vie quotidienne a assez peu d’impact sur ma créativité. Je subis un peu mes journées pour arriver au soir, ce qui est pour moi le moment le plus intéressant et le plus propice à ma créativité de la journée. Les gens sortent généralement habillés plus fidèlement à la manière dont ils pensent et montrent une personnalité bien trempée qui leur est propre. Le noir fait disparaître tout l’inutile de la routine pour ne mettre en avant que les détails réellement signifiants. Ce que je trouve intéressant, c’est que bien que les deux soient liés, la nuit a pour moi les mêmes vertus que l’alcool : ça désinhibe les gens et ça les fait vivre plus intensément. Alors, ce qui m’inspire le plus dans ma vie, c’est ces endroits où les deux se rencontrent : les terrasses de café. Je dirais même que c’est l’un des rares types d’endroits en extérieur où je me sens réellement bien. C’est pour moi le théâtre de la réalité qui nous entoure. Alors, chaque soir, on a le droit à un nouveau numéro avec de nouveaux personnages et une intrigue différente. On ne sait jamais trop sur qui on va tomber ni comment ça va finir, mais même si la fin est décevante, j’ai toujours envie de retenter l’expérience. Alors, pour moi, mes séries de portraits au fisheye font réellement sens avec ce que je viens d’expliquer, car le fond noir simule la nuit, et les tenues singulières montrent une attention particulière qui est semblable à celle de vouloir bien se fringuer pour sortir le soir. C’est pour ça que pour moi, chaque rencontre au début de projet doit commencer dans un café, car on voit la personne de manière totalement transparente et dans son entièreté. Alors, quand on y prête attention, c’est fascinant de voir autant de caractères différents rassemblés tous ensemble dans un endroit si condensé. J’irais même jusqu’à dire que ces endroits sont des accélérateurs de rencontre et de créativité, tout ce dont un artiste a besoin finalement.

Comment définiriez-vous votre style artistique en quelques mots ?

J’ai l’impression que mon travail se rapproche majoritairement du reportage ou de la documentation plutôt que de la création. Bien évidemment qu’il y a une esthétique particulière et un fond recherché, mais tout ça est rarement au service d’une idée qui est sortie de ma tête. J’ai constamment besoin d’être nourri par des gens passionnés, peu importe le domaine, qui m’ouvrent leur personne et leur univers. Je suis assez fasciné de voir à quel point on est capable de mettre sa vie en pause pour faire exister ce qui compte le plus pour nous. Au fond, je pense que mon seul talent, c’est de montrer celui des autres. J’ai d’abord besoin de rencontrer des gens et de beaucoup échanger pour ensuite avoir des images, des mises en situation ou même des séquences de leur vie qui me touchent profondément et qui me donnent envie de les représenter dans mon travail.

Pouvez-vous décrire votre processus créatif, de la conception à la réalisation ?

Mon processus créatif, comme je l’ai un peu décrit dans la question qui précède, c’est tout d’abord de faire la totale abstraction de moi-même pour m’effacer au profit d’une personnalité qui me plaît. Même si c’est quelqu’un que je ne connais pas, je vais réussir à trouver le moyen de lui parler parce que je suis attiré par ce qu’elle dégage. Ce que j’adore dans ce processus, c’est que 9 fois sur 10, je me trompe totalement sur la personne. Elle reste toujours très intéressante, mais si au premier regard, elle me semblait ultra confiante, je finis par m’apercevoir qu’elle est finalement constamment dans le doute. Et c’est ça qui m’inspire et me nourrit créativement : montrer d’abord la facette de cette personne visible de tous et ensuite montrer une autre que l’on n’aurait jamais soupçonnée. Alors, mon processus créatif se résume par une rencontre, une idée, un projet.

Avez-vous des rituels ou des habitudes créatives qui vous aident dans votre travail ?

Je m’imagine constamment dans ma vie de tous les jours comment je représenterais ce que je suis actuellement en train de voir. Quand bien même ce que je vois ne m’inspire pas, je me demande comment j’arriverais à en faire un projet solide, intéressant et surtout surprenant.

Comment surmontez-vous les moments de blocage créatif ?

Je fais en sorte de faire disparaître la photo de ma vie pour vivre plus intensément chaque moment afin de faire de nouvelles rencontres qui m’inspirent de nouveau.

Depuis quand créez-vous et comment avez-vous découvert votre passion artistique ?

Je pense que ça doit faire maintenant 4 ans que je fais de la photographie et deux ans que je le fais de manière intensive. Même si avant, je n’étais pas spécialement attiré par la photo, j’ai toujours eu un rapport assez fort avec l’image qu’on renvoyait ou qu’on créait et j’ai toujours été obnubilé par l’idée de trouver un moyen de la contrôler. C’est d’abord passé par la vidéo et ensuite la photo. L’avantage de la photo, c’est que c’est discret, ça passe partout et ça s’immisce là où c’est bien souvent impossible d’aller.

Comment l’art influence-t-il votre vie quotidienne en dehors de votre travail créatif ?

Je pense que l’art influence un peu trop ma vie au point d’en avoir le contrôle. Je suis toujours en train de me questionner sur le sens de ce que je vois, de ce que je pense, de ce que j’aime et par quoi tous ces critères qui me définissent ont été influencés. Je ne suis pas très touché par l’art physique mais plutôt par l’art immatériel. L’art de la répartie, du phrasé comme Gainsbourg, l’art de l’élégance et de l’extravagance comme Karl Lagerfeld, l’art des manières comme Belmondo. Alors, ça peut paraître superficiel voire inexistant pour beaucoup de monde, mais moi, c’est ce qui me touche et m’inspire.

Quel rôle l’art joue-t-il dans votre compréhension du monde et de vous-même ?

L’art me donne une certaine naïveté infantile qui me laisse admirer sans gêne les choses et les personnes qui me fascinent. Quant à moi-même, ça m’aide à mieux comprendre par quoi je suis influencé pour être et penser comme je le fais.

Pouvez-vous partager l’un de vos projets artistiques préférés et expliquer sa signification pour vous ?

Mon projet qui m’est le plus cher, c’est mon book qui va bientôt sortir et qui s’intitule “black year”. C’est un an de photo argentique quasi quotidienne qui illustre un peu ma vision de la vie. Ce book rassemble tant des moments anecdotiques mais magnifiques que des moments riches en émotion et en histoire mais un peu moins esthétiques. Les deux catégories font l’équilibre, mais pour moi, c’est important d’avoir les deux car c’est assez en accord avec ce qu’on peut vivre individuellement. En faisant ce projet, j’ai un peu l’impression de me mettre à nu parce que c’est ni plus ni moins que ma vie dans son entièreté avec des photos parfois assez explicites, mais bon, je suis assez pressé de le sortir. C’est assez symbolique pour moi parce que c’est une certaine rétrospective de mon travail mais aussi de mon année. N’allez pas penser qu’il m’a semblé nécessaire de faire ce livre tellement ma vie est trépidante et plus importante que celle des autres. J’avais juste envie de partager mon travail et ma vie en toute modestie.